Le cheval Mektoub

Publié le par Leïla

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                                   Je n'écris pas beaucoup en ce moment. Tant de choses à faire ! Vider ma maison en France...avec les souvenirs qui font sauter le couvercle comme des diablotins malicieux et hop, sous un nuage de poussière...vider la maison donc...car je vais devoir la quitter. Et là je fais le bilan : dans la vie on s'encombre de tellement de choses qui nous semblent plaisantes ou même et souvent indispensables, on garde des objets comme si notre vie en dépendait. Alors qu'au final nous avons besoin de si peu de choses. Etre éléphant ou oiseau ? J'ai choisi ! Je serai de plus en plus légère afin de m'élever de plus en plus haut.

Je discutais hier avec un ami qui recherche la liberté dans la connaissance et le pouvoir qu'il peut acquérir grâce à cette connaissance. Je lui ai dit :

"C'est une voie, en tout cas c'est la tienne. La connaissance t'apporte certainement beaucoup, mais elle contient aussi beaucoup de pièges, car toute chose à son revers..."

Puis la nuit est venue et les rêves m'ont emportée. Ils m'ont fait visiter ma mère, une amie qui souffre, mes enfants au loin. A chacun j'ai eu la sensation de porter de l'amour et du réconfort. Et au matin, j'ai su que j'étais si légère que je pouvais désormais voyager sans obstacles, là où on m'appelait.

J'ai vidé mon grenier, mes souvenirs, mes caisses poussiéreuses où s'entassait mon passé. J'ai retrouvé les livres qui m'ont accompagnée et que je remets en circulation. La connaissance doit servir à consolider le squelette de nos pensées, sans jamais asservir.

Chaque être a son chemin à accomplir. Le plus grand respect se doit au chemin de l'autre. Car lui aussi fait des efforts pour grandir, même si sa voie n'est pas la nôtre.

Pour ma part, j'appelle mon chemin : La voie du Mektoub. On m'a demandé hier ce que cela signifiait pour moi. J'ai fermé les yeux et j'ai vu un cheval blanc qui trottinait  et s'arrêtait devant moi. J'étais libre de monter sur son dos, de le suivre, ou le laisser partir ailleurs...Mais il était venu. Quelque chose s'était manifesté...

Alors on m'a dit : "Qu'en as tu fait de ton Cheval Mektoub ?"

Alors j'ai à nouveau fermé les yeux, pour entrer au plus profond de moi et chercher la réponse. C'était difficile car le bruit des convives était immense dans la grande salle de la chapelle du Couvent Royal. Cependant les images sont revenues et je me suis vue marchant à côté du cheval et lui tenant la bride avec douceur. J'allais du côté où il était venu. J'acceptais avec confiance la direction qu'il me montrait.

Alors mon interlocuteur, provoquant à dessein (mais rien n'arrive par hasard) cet étrange partage, me dit :

"Pourquoi n'es tu pas montée sur son dos ?

Et là je me suis dit qu'il n'était pas encore temps. Je deviendrai cavalière de ma monture lorsque je la connaitrais suffisamment, le temps n'est sans doute pas bien loin où j'enfourcherai mon cheval Mektoub pour parcourir plus vite les immenses étendues sauvages que je n'ai pas encore explorées. Nous avons toujours en nous quelque chose à découvrir, la tâche est infiniment splendide, c'est cela que nous nommons la Quête.

Et c'est cela qui rend la vie intéressante.

Publié dans vie perso

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Marie 08/02/2017 09:49

Magnifique, j'en connais un là haut qui aurait partagé tes pensées, dommage tu ne l'as pas connu.