En dromadaire sous la lune...

Publié le par Ghislaine

Hier, temps chaud sur Douiret. Les dromadaires piaffent et reniflent vers la vallée, Ennouar et moi-même décidons de partir en repérage pour nos futurs itinéraires, direction Ras el Oued. Je me suis trompée de piste et nous voilà à 45 ° de notre direction, au moment où le soleil se couche. Et toujours pas de village à l'horizon, les montagnes du Dahar se découpent dans la couleur feu du ciel et nous décidons de rentrer, sans avoir pu atteindre notre but. la nuit tombe vite dans cette région et rapidement nous nous retrouvons piégés dans l'obscurité au fond de l'oued déchiqueté, plein de pièges et de descentes vertigineuses ! Je m'accroche à ma selle tandis que Chems, mon dromadaire, glisse sur les pierres, tombe sur les genoux, se redresse d'un coup de rein vigoureux...Au loin la petite mosquée blanche dans la montagne nous signale la piste du retour mais semble s'éloigner au fur et à mesure que nous avançons, comme un mirage facétieux. Au bout de trois heures d'effort, nous sortons enfin du canyon et retrouvons une piste acceptable. Et je me retrouve sous la lune, habillée de blanc comme une mariée tout à fait involontairement, fièrement dressée sur le grand dromadaire, le petit chameau Nejma suivant docilement et essayant d'attraper ma bouteille d'eau...avec en fond de décor, les ruines superbes du ksar de Douiret qui se détache sous la lumière laiteuse d'un ciel superbement étoilé.
Un vrai décor de film ! Les habitants du village, médusés, sortant sur le pas de la porte pour regarder passer notre cortège silencieux...Et à ce moment là je me suis dis que je vivais dans un tableau vivant que même l'imagination la plus libre ne pouvait imaginer, un romantisme d'une telle puissance  qu'on peut à peine le décrire !

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